Four minutes and thirty-three seconds of uniqueness

Four minutes and thirty-three seconds of uniqueness est une expérience unique.

Avez-vous déjà ressenti votre solitude, vraie solitude, pendant près de cinq minutes?

Je me doute que vous êtes seuls à ce moment précis, seul dans votre chambre, dans votre bureau, face à l'immensité de l'internet. Mais combien sont-ils à faire la même chose, dans leurs chambres, dans leurs bureaux, face à l'immensité de l'internet?

Lorsque vous marchez seul dans la rue, et vous mettez soudainement à fredonner Venus in furs, ne vous êtes vous jamais demandé si, au même moment, quelqu'un d'autre, ailleurs dans le monde, fredonnait la même chanson, au même tempo, avec les même fausses notes?

C'est pour cela sans doute qu'a été crée Four minutes and thirty-three seconds of uniqueness. Pour qu'au moins, une fois dans votre vie, vous soyez certains d'être seul au monde. Ou certain de ne pas l'être.

 

Ce jeu a été développé par Petri Purho (auteur entre autre de crayon physics deluxe) dans le cadre du Nordic Game Jam. Le thème de la compétition était : As long as we have each other, we’ll never run out of problems, soit tant que les autres seront là, nous n'arriverons jamais à court de problèmes.

Trois contraintes s'y ajoutaient :

-Le temps de jeu ne doit pas excéder 5 minutes.

-Développement/Piégé/Falsifié (un sous-thème au choix)

-Le jeu ne doit présenter aucune barrière de langage.

On peut observer que ces contraintes ont toutes été appliquées avec brio, et il n'y a aucun doute sur le sous-thème choisi : Four minutes and thirty-three seconds piège le joueur à sa propre solitude.

Les alternatives sont simples : Ou vous êtes le seul au monde à jouer à ce jeu pendant vos 4minutes 33 secondes, et vous gagnez. Ou quelqu'un d'autre lance le jeu pendant ce laps de temps, et vous perdez. Quoi qu'il en soit, vous serez fixés sur votre unicité, et pendant tout ce temps, vous aurez attendu la réponse avec anxiété.

Ce jeu pousse donc à s'interroger sur sa propre condition humaine et vous apportera une sensation que jamais vous n'aviez pu éprouver, oh, pas grand chose, seulement une certitude fugace, qui n'aura duré que 4 minutes et 33 secondes.

Le jeu interroge aussi le jeu-vidéo, dans on essence, tout comme le 4'33'' de Johan Cage, dont Four minutes and thirty-three seconds est inspiré et qui est par ailleurs la bande son, interrogeait la musique : Quelle est la condition minimale, nécessaire et suffisante pour être un jeu vidéo?

Enfin, et c'est ce qui a le plus de valeur à mes yeux, il vous interrogera vous :

Qu'espérez-vous donc en lançant ce jeu? Être le seul, ou partager ce moment avec un autre? Partager ses 4 minutes 33, est-ce vraiment perdre?

Si votre sentiment de solitude n'est pas encore assez marquant, ou si vous voulez connaître ces inconnus qui vous ravissent vos 4 minutes 33, vous pouvez aussi consulter la visualisation géographique crée par Jonathan Basseri.

Et si votre concentration sur le jeu ne vous a permis d'apprécier l'œuvre de John Cage, voici une deuxième chance :

4'33'' pour piano

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Commentaires  

 
# Olympi 27-01-2010 23:36
1) Je suis fan du screenshot :)
2) C'est le drapeau de quel pays ?
3) Internet Explorer avait déjà ce jeu intégré :
le téléchargement d'un gros fichier sur une mauvaise ligne.
4) Il y a un bug sur la largeur du champs d'entrée de commentaire :x
5) On peut détourner le jeu en regardant la carte, et en
lançant le jeu à chaque fois que quelqu'un le lance (le vicieux
lance le jeu, lorsque sa victime a passé la moitié du
temps =])
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